J'étais prêt, les pieds sur les pédales, billet de train en poche pour aller en Suisse au point de départ de ma randonnée, le glacier du Rhône ... et puis une vague d'orages a déferlé sur les Alpes en causant de gros dégâts, alors tant pis pour la descente du Rhône, ce sera pour une autre fois.
j'avais sous le coude un projet de retour aux Pays-Bas, le pays du vélo, le paradis du cycliste, alors j'ai changé de direction ! Je n'ai pas été déçu ! ... un peu quand même ...
Jour 1 Train plus vélo
Debout 4h15 du matin, ce n'est pas dans mes habitudes, je suis matinal, mais tout de même (!).
Pas de problème de réveil avec le stress du départ ... mais pourquoi je me cherche des difficultés alors que je pourrais rester peinard à la maison ? La routine est plus confortable que l'aventure ... mais rester chez soi c'est revivre toujours la même histoire, partir c'est ouvrir un cahier aux pages blanches, c'est une nouvelle histoire à écrire.
Je glisse dans la nuit du petit matin sur mon vélo, les réverbères sont encore endormis, je prends le premier RER avec les travailleurs du matin, le jour se lève doucement ...
Mon voyage à vélo commence à Lille, je dois m'y rendre en TER direction Amiens puis Lille ... les TGV n'assurant plus le transport des vélos, pas merci la SNCF.
Il est 5 heure, Paris s'éveille 🎵
Traverser Paris de si bonne heure est un vrai plaisir. Je profite de mon avance à la Gare du Nord pour prendre un petit déjeuner.
Alors que je m'apprête à monter dans le TER pour Amiens, le contrôleur me lance "Ah non monsieur, avec le vélo cela ne va pas être possible !", tout s'écroule dans ma tête, je m'imagine déjà revenir à la maison ... et puis il se ravise "Ah oui, ici vous pouvez monter ...", le soulagement m'envahit, je pousse mon vélo jusqu'aux emplacements, et je prends place encore tout tourneboulé par ce début de voyage hésitant ...
En train ou en galère ?
Amiens, je n'ai que 15 minutes, je dois changer de quai, remonter par les escalators, puis redescendre sur le quai de départ ... je cherche en vain un ascenseur, l'heure a tourné, j'ai peur de rater mon train. L'escalier est long et raide, il me faudrait tout démonter, tant pis je tente marche par marche, si le vélo glisse c'est la catastrophe, un passant attrape le vélo par l'arrière, je suis rassuré et nous arrivons en bas sans encombre. J'embarque un peu énervé par cet épisode ...
Puis Lille, je me sens mieux, je peux commencer pour de bon mon voyage à vélo !
Cette fois-ci je vais aller voir l'intérieur des Pays-Bas, les parcs Nationaux et faire le tour de l'Ijseelmeer, la grande mer intérieure.
Je te donne 🎵
À la sortie de la gare, une gamine vient quémander quelques pièces, puis une soeur, un frère, ... je donne toute ma monnaie d'autant plus facilement que certains mouvements politiques ravivent des sentiments hostiles envers les personnes aux origines étrangères, moi qui me sens citoyen du monde, cela me paraît tellement absurde. À la fin toute la famille est là, tout sourire, pour me regarder partir sur ma drôle de machine.
Je prends la route direction Tourcoing, sans oublier de remplir mes gourdes. Aujourd'hui, le soleil est dur, je dois user de ma crème solaire.
Méfie toi des belles ...
Une belle piste cyclable me tend les bras ...
Le charme opère mais tout de même gâchée par des feux à toutes les intersections, attentes longues, très longues, qui durent une éternité, et Dieu sait si l'éternité est longue ! alors qu'au Paradis des cyclistes, les feux passent au vert à notre arrivée (!) ...
En zone urbaine, les kilomètres sont plus longs, je n'ai pas le temps de flâner, j'ai démarré la journée bien tardivement ... enfin presque, debout depuis 4h ce matin quand même !
Voici mon nouveau destrier, c'est son premier voyage ! Un Flux S9, très confortable, bien équilibré avec les sacoches spéciales pour vélo-couché, ce vélo est l'idéal pour rouler toute la journée sans aucun bobo.
Avec le street-art, les murs de bétons sont devenus des oeuvres d'art qui égayent notre quotidien.
Ville de Kortrij ou Courtrai, suivant que l'on soit flamand ou wallon francophone ... C'est l'été, les terrasses font le plein.
Je longe un canal pendant des kilomètres, je traverse la Belgique qui m'offre de beaux aménagements cyclables.
Crampes je vous hais
Comme à chaque fois, le premier jour, je suis attaqué par des crampes qui tentent de miner mon moral de l'intérieur, mais je résiste, je bois et re-bois, je ralentis l'allure, je prends du magnésium, je fais des pauses ... les crampes s'accrochent, et pour cause, je me trompe et je fais des kilomètres sous le soleil en plus ...
Enfin le camping après 79 km, je suis délivré ... je m'installe au bord d'une belle pièce d'eau, sur du gazon digne d'un green de golf.
Je profite du bar pour une bonne bière, je me prépare des nouilles chinoises, et je passe une nuit paisible, réparatrice.
2 eme Jour de Gent à Antwerpen (de Gand à Anvers)
La nuit est calme et douce, mais dès 5h du matin, le bruit de fond monte jusqu'à étouffer les petits bruits de la nature aux alentours.
Pour la fin du monde prend ta voiture 🎵
Il est vrai que la Belgique est un petit pays industrialisé, l'activité y commence de bonne heure. Il est courant d'y voir de gros 4X4 de luxe, la marque de la réussite, du business, de la richesse, à moins que ce soient des voitures de fonction, la Belgique étant très généreuse avec ce type d'avantage ... en complet désaccord avec le dérèglement climatique.
Je file direction Gand en suivant mon itinéraire ... et parfois j'ai du mal à trouver où il veut me faire passer.
Le pays est vert et fleuri, toujours de beaux paysages lacustres depuis le haut des ponts.
N'oubliez pas le guide
Gand, ville flamande magnifique, moins connue que sa voisine Bruges, aux superbes façades du XVIII siècle, témoins de cette époque de commerce florissant.
Ici c'est du vrai pavé, d'époque (!) ...
Il est encore tôt, il y a plus de livreurs que de touristes.
De petites rues cachent des trésors artistiques plus modernes et plus éphémères, comme la graffitistraat.
Alléluia
A Gand, ce qu'il faut voir, c'est aussi une peinture, du XV ème siècle, très célèbre, le retable de "l'Agneau Mystique", dans la cathédrale St Bavon, elle aussi impressionnante, austère, tout en marbre noir et blanc.
Après cette plongée dans le passé, je remonte au temps présent, je vais faire mes courses au super-marché, j'achète quelques nourritures industrielles, et je reprends ma route direction Anvers, je me sens comme un pèlerin en quête de vérité, d'absolu ...
Vice caché ou vis perdue ?
Un problème technique me ramène vite à la réalité terrestre ... ma chaussure gauche refuse de s'accrocher à la pédale ... mince j'ai perdu une vis ! mais comment vais-je faire ? sans accroche je suis handicapé, ma chaussure va glisser, la moindre côte sera un calvaire ...
Allo Google map ? où puis-je trouver un "vélociste" ? et google me répond qu'il y a un atelier à 100m !
Est-ce un miracle ? non ici tout le monde roule à vélo, et il y a des petites boutiques de partout !
Le mécanicien fouille dans ses boites et trouve la vis, en moins de 5 minutes c'est réparé, je peux repartir tranquille !
Je remarque que de plus en plus de rues sont transformées en vélo rue, en couleur rouge, et indication claire comme quoi le vélo est prioritaire. Le trafic y est faible, on s'y sent en sécurité.
Sur le bord des routes, parfois, un oratoire ... l'occasion de s'arrêter, d'admirer ces oeuvres d'art populaires, de prendre du recul et de réfléchir sur notre existence.
Le soleil tape fort, alors j'ai sorti ma super casquette !! ce qui n'empêche pas que je sois obligé de me tartiner de crème solaire.
Le chemin est fermé pour cause de travaux, un cycliste me voyant hésiter me dit "c'est ouvert vous pouvez y aller !". Mais au bout de 500m les travaux sont bien en cours, je ne suis pas très fier de passer à coté des énormes machines qui travaillent sur la réfection des digues.
À Steendorp, un nouveau quartier avec une vue imprenable sur l'Escaut, appartements aux grandes baies vitrées et larges balcons, cela ne me déplairait pas de vivre ici ... avec ces belles pistes cyclables aux pieds !
Je roule sur les digues avec un petit vent contre, les kilomètres défilent, l'étape est longue ... je commence à fatiguer, une pause est nécessaire pour refaire le plein d'énergie.
Après 91 km, je touche au but, le camping d'Anvers ... une musique techno envahit l'espace, bien forte, elle me met mal à l'aise. À l'accueil "cela devrait s'arrêter à 10h, peut être minuit ...".
Cela commence mal, mais je ne suis pas surpris, c'est la 3eme fois que je viens, et à chaque fois j'y ai souffert du bruit.
Cauchemar
Cette musique techno est assourdissante, j'ai l'impression que c'est juste à coté ...
En allant me promener sur les digues, je m'aperçois qu'en fait, la fête techno est de l'autre coté de l'Escaut à plus d'un kilomètre, mais avec le vent qui porte, c'est cette rive qui est envahie de décibels (!). De plus il y a la piscine juste à coté qui sonorise sa nocturne, également un bar-restaurant spécialisé dans les réceptions d'entreprise qui en rajoute, sans oublier un groupe dans le camping qui aussi sonorise son espace ... La dune est parsemée de déchets, et avec le coucher de soleil sur fond de raffineries, j'ai l'impression d'un monde en perdition ... une quasi certitude malheureusement.
Je suis un amateur de musique électronique mais je ne me reconnaîs pas dans ce genre d'exhibition où les décibels l'emportent, une musique sans début ni fin, un méli mélo indescriptible et un DJ qui crie tant et plus pour tenter de réactiver une ferveur artificielle ... plutôt un abrutissement qu'un ravissement.
Au snack du camping, c'est soirée football, mais l'ambiance est morose et les mines sont défaites, les Pays-Bas sont en train de perdre.
Rêve
Il y a au camping un groupe d'adultes avec beaucoup d'enfants, tous à vélo dont des vélocargos pour les parents. Ils sont bien installés avec des barnums, de grandes tables, tout pour la cuisine , les enfants vont et viennent avec leurs vélos ou à trottinette, une vraie colonie de vacances en famille qui respire la joie et la bonne humeur ! ils me redonnent espoir, tout n'est pas perdu (-:
Jour 3 de Antwerpen à Tilburg (Anvers à Tilburg)
La musique techno s'est effectivement arrêtée à 10h du soir ... quel soulagement, j'ai pu dormir ... avec tout de même la machinerie de la piscine à 3h du matin qui s'est remise en route un bon bout de temps.
Raplapla
Après ces deux jours intensifs et une récupération insuffisante, au réveil je ne suis pas très frais ...
Titanic
Je prends la navette gratuite pour traverser l'Escaut. Un monstrueux navire de croisière est amarré là ... un monde en perdition, ai-je dit ?
Sur la grande place des brocanteurs s'installent, je ne résiste pas à faire le tour pour voir ce qu'ils proposent, j'adore ces vieilleries qui me rappellent mon enfance et me replongent dans la vie du passé. Ces brocantes sont bien mieux que les livres d'histoire.
Je cherche ma route dans les quartiers anciens d'Anvers.
Mais la forme n'est pas au rendez-vous, bien au contraire... Je m'arrête dans un café, je prends un deuxième petit-déjeuner avec l'espoir de retrouver quelques forces.
Laisse béton
Passage sous le viaduc de Van Merksen, une construction autoroutière gigantesque, en travaux, pour lui rajouter semble t'il des voies supplémentaires ... un monde en perdition ? je commence à radoter ...
Love Velo
Mais au moins les flamands font tout ce qu'il faut pour que les gens puissent se déplacer à vélo, en sécurité et partout, la passerelle pour traverser cet ensemble autoroutier et portuaire est magnifique !
Il y a toujours quelques raisons d'espérer.
Je roule le long d'un canal, la fraîcheur de l'eau et l'ombre des arbres sont les bienvenus.
Pause casse-croûte, j'en ai bien besoin. Je suis flagada ce matin, alors je décide de faire une pause prolongée avec une petite sieste dans mon fauteuil. Tilburg est encore loin, je vais peut-être raccourcir l'étape ... je dois me ménager si je veux pouvoir aller jusqu'au bout.
Confettis
Je passe à Baarle-Nasseau, une commune qui parait ordinaire à voir comme ça, mais si on la regarde sur une carte, on s'aperçoit que ce village est découpé dans tous les sens par la frontière, avec de nombreuses enclaves, une absurdité administrative qui remonte au moyen-âge.
Costaud le Jacko
La fatigue s'est peu à peu évaporée, j'ai repris du poil de la bête (!) alors je continue jusqu'à Tilburg, le terminus de l'étape du jour comme prévu.
Il ne me reste pas beaucoup de kilomètres, il sont faciles, toujours sur des pistes cyclables cinq étoiles !
Arrivé à Tilburg après 78 km, je cherche mon camping, au centre-ville, au parc urbain ... sur lequel est installée une immense scène musicale, où nombre de gens s'affairent ...
Pas trace de mon camping, mais en repartant je distingue quelques tentes, il est bien là. Je me présente à un grand portail tout proche, il faut montrer pattes-blanches, je peux rentrer et enfin m'installer.
Le festival vient de se terminer cet après-midi ... ouf !
Avec la sécurité lié au festival, je suis coincé sur mon petit camping ... il y a une réunion d'une association, et un food-truck qui sert des pizzas à qui veut. Le pizzaïolo n'a qu'un bras, il fait preuve d'une dextérité incroyable ! ce soir c'est pizza pour tout le monde.
Silence !
Je m'apprête à passer une bonne nuit, j'en ai tellement besoin ... mais le démontage du matériel du festival est en cours et ne semble pas prêt de s'arrêter durant la nuit, et surtout deux groupes électrogènes tournent à quelques mètres de là ... encore du bruit, je n'en peux plus !!
À la nuit tombée, je suis obligé de déménager à l'autre bout du camping !!
Jour 5 de Tilburg à Wijchen
Aujourd'hui je roule direction Nimègue (Nijmegen).
Je commence par traverser Tilburg, une ville ordinaire aux Pays-Bas, mais un monde merveilleux pour un cycliste français !
Le centre ville est réservé pour ses habitants, pas de voiture, de la verdure, de belles maisons, et des vélos bien sûr.
Les néerlandais sont respectueux du code de la route à vélo. Ils s'arrêtent aux feux rouges (!), mais il est vrai que le trafic est tel que c'est une évidence.
Le cycliste peut demander le passage avec un bouton poussoir, quand ce n'est pas le feu qui passe au vert automatiquement à son arrivée.
Wilderness
Ce matin je roule dans la Réserve Naturelle de Kampina, un avant goût de la journée de demain dans les Parcs Nationaux.
J'avance bien, les paysages forestiers sont très agréables, et les traverser sur ces pistes cyclables est un plaisir dont je ne me lasse pas !
À une intersection, un randonneur m'aborde, il parle un peu le français, " la semaine prochaine, on vient en France avec des amis, on va faire le tour de la Bourgogne à vélo".
J'espère qu'ils ne seront pas trop déçus de la qualité de nos pistes cyclables ... si elles existent.
Un beau passage dans une zone qui semble désertique ... mais quand je m'arrête, je peux constater que c'est un marais, bien humide, le paradis des grenouilles.
Toujours plus
Après le cheminement forestier de la matinée, place aux grands espaces ... impressionnant. Les Néerlandais relient depuis peu toutes leurs grandes villes par un réseau de pistes cyclables de grande classe, ici entre Tilburg et Ertogenbosch (Bois-le-Duc), 23 km.
On ne peut plus parler de "pistes", mais de routes cyclables, exclusivement cyclables !
Y sont autorisés les speedbikes, 45km/h max ... plus de raison de prendre sa voiture.
Heureux zenfants
À l'heure de sortie des écoles (3h de l'après-midi), c'est une nuée d'enfants à vélos dans tous les sens. Au Pays-Bas, dès 3 ans tu roules à vélo, plus petit, tu es transporté en vélo cargo ou sur le vélo de papa-maman sur un siège de cadre.
Pourquoi on ne fait pas ça chez nous ?
Comment passer une intersection sans encombre ? Aux Pays-Bas, on n'hésite pas, on passe dessous par un tunnel avec un accès en pente douce.
Parfois j'ai droit à des passages champêtres qui ont plus de charme que les autoroutes à vélo.
Passage sur un pont, en bordure de l'autoroute ... étrange de rouler ainsi à coté d'un flot de voitures et de camions, je vois en direct une des causes du dérèglement climatique. Le bruit est assourdissant.
Fatigué
Enfin le camping ... le responsable me dit qu'il est complet à cause d'un concert ce soir de Bruce Springsteen, mais il peut me proposer un emplacement ... je suis relégué au milieu d'un champ, en plein soleil, les toilettes à perpette ... 22,50€, soit je ne suis pas chanceux, soit je n'ai pas fait les bons choix cette année !
Je n'ai pas le courage de me faire à manger, je vais dans une "cafétéria", un simple snack, dialogue difficile avec la serveuse, alors je simplifie ma demande : "nuggets, fries and beer" ... une canette de Heineken, pas d'autre choix ... je me demande bien si ça existe des gens qui aiment cette bière, à part ceux des publicités.
À 9h du soir je m'écroule de sommeil, tant pis je me couche et je dors d'une traite jusqu'à 6h du matin !
Jour 6 de Wijchen à Otterlo
Une belle journée m'attend, avec en point de mire la traversée du Rhin et le Parc National de Hoge Veluwe.
Comme d'habitude, piste bien roulante pour la grande ville de Nimègue.
Sur l'image, je longe un immense centre de tri DHL, la célèbre entreprise postale présente dans le monde entier.
Nimègue, je cherche un troquet pour prendre un petit café ... c'est bien quelque chose qui n'existe pas aux Pays-Bas.
Vélo pont
Voici le Rhin(Waal), majestueux, grandiose ... le pont pour le traverser est immense.
La piste cyclable est tellement large qu'elle permet de rouler à deux de front dans chaque sens !
De là-haut le paysage est magnifique, et le lieu est bien venté !
Nimègue vue du pont, et ses bateaux de croisière sur le Rhin.
Astérix chez les Bataves
Le masque de Nimègue est une imposante sculpture, copie d'un masque de soldat romain trouvée dans le lit du fleuve. Je plonge un instant 2000 ans en arrière, une légion romaine s'entraine sur ces prairies du bords du fleuve, les Bataves ne sont pas loin, prêts à en découdre pour déloger cet envahisseur du sud de l'Europe...
L'île en face de Nimègue est aménagée avec de grandes promenades avec vue sur le fleuve.
Pays-Bas avec des hauts
Je fais ma pause de mi-journée dans un parc public à Arnhem, aménagé au fond d'un vallon, avec de belles pièces d'eau, et même une cascade (!). Cette région des Pays-Bas est valloné, il me faut grimper pour sortir de la ville.
Paradis protégéQuelques kilomètres plus loin je rentre dans le Parc National de Hoge Veluwe.
L'entrée est marquée par un portail et une barrière pour les véhicules, un pavillon avec une personne derrière la vitre. Je m'arrête tout de même, je ne connais pas les conditions de l'entrée dans le Parc, je demande à tout hasard, "C'est gratuit pour les vélos ?" ... réponse "13,50€" ...
je m'interroge, pourquoi faut-il protéger des zones de Nature comme celle-ci ?
Il est vrai que l'Homme est avide de profit à court terme, tout est bon à exploiter du moment que cela rapporte quitte à tout détruire ...
L'Homme doit se protéger de lui-même s'il veut que les générations futures lui survivent.
Ce Parc est immense, parcouru par quelques pistes cyclables, une succession de belles forêts et de zones dunaires recouvertes d'herbes colorées de rouge et de blanc, parsemées de grands arbres ... c'est magnifique !

J'en prends plein les yeux, je profite au mieux de chaque rayon de soleil qui illumine de couleurs le paysage. Les ombres des nuages courent sur les dunes, les graminées ondulent sous le vent, je suis émerveillé comme un gamin qui voit la mer pour la première fois.
C'est un paradis pour les amoureux de Nature sauvage.
Tromperie
J'approche de mon camping, je respecte mon itinéraire, et j'arrive bien à un camping, mais pas du tout ce que je recherche ... ici tout est géant, c'est une ville de mobilhomes avec un immense parc aquatique ! Je reprends mon topo, je vérifie ... ouf ce n'est pas ici, juste une petite erreur de ma part.
L'accès à mon camping est une piste de sable, c'est prometteur !
À l'accueil le dialogue est difficile, la patronne est chinoise et ne parle qu'un peu d'anglais avec accent néerlandais, sa fille qui s'occupe de moi, ne parle pas anglais et converse en chinois avec sa mère, l'ordinateur est récalcitrant, c'est l'heure de la fermeture ... et enfin l'imprimante daigne sortir une facture, je peux payer et aller m'installer dans une zone "sauvage" en forêt.
Vroumm vroumm
Si je vous dis que j'ai eu droit jusque tard dans la soirée à du vacarme, un speaker qui hurle et des bruits de moteurs énormes qui vrombissent encore et encore ... vous ne me croirez pas ?
Et bien si ... peut être un spectacle de "monsters trucks" à l'américaine dans le fameux camping de tout à l'heure (?). Je suis maudit ou alors quelque chose s'est déréglée sur cette planète.
Jour 7 de Otterlo à Elburg
Allez go jacko
Je me lève un peu tard, départ 9h, m'attendent 80 km.
Ce début de journée commence en forêt, toujours sur des pistes cyclables quasi parfaites, le chants des oiseaux pour m'accompagner tout le long. Il fait bon, la forêt exhale des senteurs de fougères et de pins.
Je réussi l'exploit de me tromper de direction avec mon GPS sous le nez (!).
C'est l'occasion de passer ailleurs, de couper à travers la campagne et les petits villages, pour retrouver plus loin mon itinéraire initial.
Je suis toujours épaté par les aménagements routiers. Ils sont très bien pensés et réalisés, comme ici ce passage piéton.
Les Pays-Bas sont aussi champion pour les hortensias !
Ville de Harderwijk au bord du lac Wolderwijd, une station balnéaire avec une belle plage, des restaurants, un port de plaisance ... il fait chaud, le soleil tape fort aujourd'hui.
On est samedi, il y a du monde, par chance je trouve un banc à l'ombre pour ma pause déjeuner.
Je passe de l'autre coté, sur le Flevopolder, le plus grand polder des Pays-Bas, la plus grande île artificielle au monde, 970 km2, 80 ans de travaux, terminés en 1968.
Je roule sur la digue Sud-Est où sont aménagées des plages bien fréquentées en cette journée ensoleillée.
Chaud devant
D'ailleurs je fatigue un peu, difficile de s'hydrater quand les gourdes sont chaudes et que l'ombre est rare.
Je reviens sur le continent, à Elburg, petite ville ancienne, fortifiée, très bien conservée, un bijou !
C'est bon pour le moral🎵
Surprise, il y a aujourd'hui un festival de chant choral. Dans la ville sont disséminés des espaces pour les choristes, j'arrive un peu tard, c'est déjà la fin, je peux tout de même profiter des derniers chants.
Malheureusement pour ces chorales, il n'y a pas grand-monde pour les écouter, à part celles qui ont droit au kiosque au centre du village.
Entre deux chorales, comme la chaleur est pesante, je m'offre une glace, celle-ci est parfumée, crémeuse, je crois que je n'ai jamais dégusté une glace aussi bonne !

Il me reste encore deux bonnes heures de vélo pour atteindre le bout de mon étape du jour. Je n'ai même pas eu le temps de visiter Elburg, alors je décide de raccourcir cette étape et d'aller dans un camping des environs.
Ce soir je suis dans un mini-camping typique des Pays-Bas, constitué d'un pré au gazon "anglais", tout autour les campeurs en caravane ou camping-car face à face, avec le grand confort, tout le monde se connait ... forcément.
J'ai droit à une place un peu à l'écart, le camping est complet.
Oooooh Noooon !
Mais qu'ouï-je ? qu'entends-je ? de la musique techno ? ici au milieu de nulle part ?
Le fée Carabosse m'a jeté un sort, maintenant j'en suis sûr, j'en ai la preuve !!
J'aperçois au loin un chapiteau, c'est de là que monte la musique, une fête techno ... pouce ! je joue plus !!
Et pour finir, une averse ... hum, le temps serait-il en train de changer ?
Jour 8 de Elburg à Urk
En fait, la nuit à été calme, la fête s'est arrêtée de bonne heure. En passant devant la ferme voisine, j'ai pu m'apercevoir que ce n'était qu'une fête de famille, probablement un mariage, avec une décoration tout en rose et blanc, des ballons ... loin du standard des festivals technos !
Je reviens à Elburg pour la visiter tranquillement.
C'est dimanche, les cyclistes qui vont en villes arborent des tenues chics, costumes, robes blanches, chapeaux, enfants aux souliers vernis ... tout ce monde va à la messe, autant à l'église qu'au temple.
Ici on ressent tout de même une certaine richesse, la beauté d'Elburg a attiré des gens aisés qui se veulent gardiens des traditions.
Le village est à demi endormi, j'erre dans les rues à la découverte de la ville.
Je dois faire quelques courses, je n'ai rien en réserve ... c'est dimanche, et le jour du Seigneur est respecté aux Pays-Bas, Google Map est formel, tous les supers-marchés sont fermés !
Ah sauf un à 5 km ... j'y vais ... je tourne dans une zone pavillonnaire toute neuve, l'espoir s'amenuise, la voix de madame Google m'annonce fièrement "vous êtes arrivé"... nulle part !
Mais que je suis naïf, je perds mon temps, je fais des kilomètres pour rien, alors je me presse pour arriver à la ville suivante avec l'espoir de trouver une boulangerie encore ouverte.
À l'approche de Kampen, je tente une nouvelle recherche ... et bizarrement les supers-marchés sont indiqués comme "ouvre bientôt" (à 13h) ???
...
Ça y est, il a compris💡, pas si bête le Jacko, les supermarchés sont tout simplement fermés le dimanche matin afin que les gens puissent aller aux offices religieux. Jack est rassuré, il va pouvoir manger ce midi !
Hissez haut🎵
Sur le port de Kampen sont amarrés de beaux bateaux anciens typiques des eaux Néerlandaises. On peut en voir dans tous les ports, les Néerlandais ont gardé des liens forts avec leur passé de marins sur les fleuves et les mers, le Zuiderzee, la mer des Wadden, la mer du Nord et jusqu'à l'autre bout de la terre !
Le soleil revient, les couleurs avec ...
Je passe sur le Noordoostpolder.
Les ponts sont les endroits d'où l'on peut admirer des paysages aériens... et ventés.
Si dans cette région le code couleur n'est pas systématique, la qualité des pistes cyclables est toujours la même, le grand luxe pour un cycliste français.
Je roule au pied de la digue dans une ambiance lacustre et sauvage.
Passage sur le site de Schokland, une île avant la construction du polder, avec des vestiges d'occupation très anciens, habitée jusqu'au milieu du XIX siècle.
Que j'eusse battu monnaie
Je m'amuse avec une machine, qui pour 1€ fabrique une médaille à partir d'une pièce de 5 centimes, elle est aplatie et incrustée en tournant une manivelle ... c'est dur !
Ce soir je vais jusqu'à Urk, rien que ce nom, la ville me plaît déjà !
Le temps se couvre, je peux distinguer les averses au loin, le vent devient sensible, les lignes droites sont longues ... je fatigue.
Urk est un ancien village de pêcheurs avec quelques beaux bateaux anciens. Un chantier naval anime l'activité portuaire de la ville.
Je fais une visite éclair, il est tard, il faut que je trouve mon camping avant que la pluie n'arrive.
L'accueil du camping est fermé, je vais m'installer sur une belle pelouse.
Je pars prendre ma douche, droit devant sans trop savoir où elle se trouve. Deux enfants envoyés par leur père courent après moi et tentent de m'expliquer (en néerlandais) que les sanitaires ne sont pas ici ... pas sûr qu'ils comprennent pourquoi je baragouine des mots inintelligibles (en français) ...
Sinon, pas de chance, il faut un badge pour prendre sa douche.
Jour 9 Ville de Urk
Il a plu cette nuit et les prévisions pour la journée sont mauvaises, je décide de rester sur place, de me faire une journée de repos, et en profiter pour visiter Urk. Cela me laisse un peu de temps pour réfléchir comment terminer ma randonnée sans que cela se transforme en galère avec la pluie qui s'installe.
Avant de repartir, je me mets en règle à la réception du camping.
Une journée à flâner ! J'adore ces paysages aux ciels tourmentés !
Mais le répit est de courte durée, la pluie revient, je vais me réfugier sous un abri sur le port, lieu de rendez vous des retraités.
Commodités malcommodes
Je serais bien allé aux toilettes, d'ailleurs il y en a plusieurs sur le port, mais toutes fermées avec accès par digicode. J'essaye de me faire expliquer le fonctionnement à l'office de tourisme, cela a l'air très simple, mais mes capacités cognitives ont dû baisser, je n'ai jamais réussi à ouvrir ...
Cela reste un mystère pour moi, pourquoi fermer ainsi les toilettes publiques, cela fait partie des petites absurdités de la société humaine.
Souriez et le monde sera plus beau
Le midi je vais manger dans une Cafétéria snack, aussi peu diététique que la dernière fois. Les locaux viennent ici se chercher leurs rations de frites et chickens. En repartant, je remarque une petite trottinette posée à coté de mon vélo, quelques mètres plus loin, une petite fille sur cette trottinette me double et me lance un "Hi !"(bonjour !) avec un grand sourire ... elle a égayé le restant de ma journée !
Mettre les voiles
J'ai remarqué sur la carte qu'il y avait une liaison maritime entre Urk et Enkhuizen de l'autre coté de l'Ijseelmeer. Ce serait une possibilité pour raccourcir mon voyage, deux jours de pluie en moins, ce n'est pas négligeable. Il y a un départ demain à 9h.
L'après midi étant moins humide, je peux déambuler dans la ville.
Qui va à la chasse perd sa place
De retour au camping, j'ai la surprise de trouver mon emplacement occupé par des nouveaux arrivants. Le responsable du camping a manifestement oublié que j'étais là ...
Heureusement mes colocataires sont sympathiques et m'aident à déménager sur l'espace dédié aux randonneurs.
En soirée, je reviens sur la digue pour un hypothétique coucher de soleil, on ne sait jamais, avec un peu de chance ...
C'est pas si mal ...
Jour 10 de Urk à Anvers ... retour
La pluie du matin arrête le pèlerin
La météo est formelle, la pluie arrive ... à 7h du matin !
Je ne prends pas de risque, debout 5h30, je plie et je vais me mettre à l'abri sur la terrasse du bar du camping. Je m'y installe pour mon petit déjeuner, j'ai un peu de temps devant moi avant de rejoindre le ferry.
Et à l'heure dite, la pluie arrive, de la vrai pluie, celle qui vous trempe en quelques secondes ... que je regarde paisiblement depuis mon abri tout en sirotant mon thé chaud, en pensant "mais que j'ai bien fait de tout ranger avant !!".
Après une heure de déluge, la pluie se calme, je comprends que mon voyage à vélo n'est plus vraiment possible, qu'il est plus prudent que j'arrête là. À Enkhuizen il y a une gare ... je vais rentrer à la maison.
Je n'avais pas encore réussi à me convaincre, j'avais du mal à accepter l'idée d'arrêter et de ne pas réaliser la totalité du voyage prévu ... ce rideau de pluie m'a convaincu, c'est bon, le prétexte est validé !!
je rejoins le port, le bateau est là, je peux embarquer pour 1h30 de croisière sur l'Ijseelmeer.
Après les coups de sirène traditionnels, le bateau s'arrache du quai tout doucement ... arrive une cycliste manifestement en retard, elle implore l'équipage de la prendre à bord ... le capitaine est bienveillant, le matelot ressort les amarres, le bateau se rapproche du quai, la passerelle est ressortie, et la cycliste peut monter à bord, ouf, merci capitaine !!
La météo est ventée, agrémentée de belles averses qui m'obligent à me réfugier à l'intérieur, au chaud près du bar où quelques mamies bavardent devant un café.
Mon vélo est sur le pont à l'avant du bateau, les paquets de mer passent allègrement par dessus et le douchent copieusement, je vais pouvoir vérifier si mes bagages sont bien étanches ...
À l'intérieur ambiance cosy, banquettes en skaï et bois vernis, au dehors c'est la tempête.
La destination apparait, j'ai l'impression d'avoir traversé un océan, d'arriver sur un autre continent, qu'une nouvelle aventure commence ...
La gare est à 50 mètres du ponton, il y a un train toutes les heures, je vise Anvers pour ce soir, mon premier train sera pour Amsterdam.
Kafkaïen
Le vélo est payant sur les trains Néerlandais et la prise des billets est très simple sur les bornes en gare. Par contre à Amsterdam, impossible de prendre le billet vélo pour la direction d'Anvers.
Je me rends au guichet, je fais la queue ... "ah non, ce n'est pas ici, il faut aller aux guichets pour l'International" de l'autre coté de la gare.
Là je dois aussi attendre ... c'est interminable, même pas une dizaine de clients en une heure ... et enfin je peux avoir mes billets avec une réservation spéciale pour mon vélo, raison pour laquelle il me fallait passer par un guichet.
Les frontières administratives existent toujours ... autant en voiture on peut traverser l'Europe directement, autant en train, avec un vélo, c'est galère ! Ce n'est pas comme ça que l'on va lutter contre le dérèglement climatique !
Les trains Néerlandais sont très "friendly" (amical) pour les vélos ... sauf si on veut sortir des frontières !
À Anvers je prends une chambre d'hôtel près de la gare, je peux monter mon vélo dans la chambre !
Jour 11 Fin du voyage
Prendre le train ou bien ...
Depuis Anvers, Paris n'est pas bien loin, mais avec un vélo cela est toujours aussi compliqué !
Je vise Lille pour commencer, pareil, destination "Internationale" ! je dois passer au guichet, les distributeurs ne savent pas faire. Avantage, j'ai à chaque fois une place dans l'heure qui suit, et en tant que sénior, je bénéficie d'un tarif réduit, quasiment prix divisé par 4 !
Les trains belges sont malcommodes pour les vélos, c'est le contrôleur qui vous ouvre la porte d'accès. Si sur le premier train, la hauteur d'embarquement était élevé, ce n'est rien à coté du deuxième train, quasiment à hauteur d'épaules !
Il me faut faire une escale à Courtrai (Kortrij), puis Lille, puis Amiens ... et là comme à l'aller, je dois changer de quai, tout démonter, descendre un escalier, embarquer en catastrophe ... pas merci la SNCF qui choisi le quai le plus inaccessible, alors que des quais ont été aménagés avec escalators et ascenseurs ...
Finish de la course d'obstacles
Paris Gare du Nord, puis station RER de Denfert-Rochereau, ascenseur en panne, une nouvelle fois je démonte tout pour passer les escaliers. Bures-sur-Yvette, ma fille vient m'aider en emportant mes bagages, je rentre à la maison, un peu de dénivelé, et ... c'est terminé ... jusqu'au prochain voyage !
Le topo
Si ce voyage vous donne envie de partir aussi, voici quelques infos :
Sur la carte il ressemble à ceci, c'était le projet initial, dans les faits un peu raccourci sur la fin ...
Ce voyage de 600 km, a duré 11 jours, du lundi 24 Juin au jeudi 4 juillet 2024.
Ah, enfin un nouveau récit des aventures de Jack ! Depuis le temps que j'attendais ça. Bon, visiblement ça a vraiment été l'aventure avec la météo et les campings....
RépondreSupprimerNouvelle monture et exit le guidon hamster ?
Oui, la météo m'a un peu gâché cette fin de voyage, mais ce serait trop beau que d'avoir une météo parfaite, et puis cela manquerait de piquant, en fait c'est pas plus mal, cela m'a permis de prendre le bateau, j'ai adoré ! Cela fait partie de l'aventure, mais ce n'est pas bien méchant... Faut gerer quand même (!). Merci pour le message... Actuellement en voyage ... Pour un autre récit ... Et des vidéos à monter cet hiver ! Amicalement, Jack
SupprimerJ'ai hâte de voir tout ça en vidéo. Bon voyage !!!
SupprimerBonjour Jack. Félicitations pour ce récit comme les précédents bien fournis en informations et anecdotes, quelques pointes d’humour. Prise de vues excellentes, bon cadrage, lumières maîtrisées. Hâte de lire et visionner les prochains voyages. Philippe k
RépondreSupprimerMes excuses, je tarde à répondre ... Merci pour le message ! oui j'aime bien les images, la photographie, j'essaye de m'appliquer avec plus ou moins de réussite (!) j'aimerais pouvoir emporter un peu plus de matériel, mais je suis limité par la bagagerie vélo ! et puis en voyage, les journées passent trop vite, je n'ai pas le temps de m'attarder, à chaque fois je me dit qu'il faut que je fasse des étapes plus petites ! Il y a aussi une vidéo sortie il y a quelques jours. Amicalement, Jack
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